| POSSIBILITÉS THÉRAPEUTIQUES EN MÉDECINE NUCLÉAIRE : RADIOTHÉRAPIE VECTORISÉE - | ||
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| Cancer de la thyroïde et iode 131 | |
| C. CORONE | Centre René-Huguenin, Saint-Cloud, France. |
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Les indications de l'irathérapie dans les cancers thyroïdiens (CT) sont la destruction du tissu thyroïdien normal et/ou tumoral : reliquats thyroïdiens après chirurgie (totalisation isotopique), récidives et métastases. Elle ne concerne que les CT différenciés vésiculaires ou papillaires. Elle est inutile dans les CT médullaires, lymphomes ou anaplasiques. Les buts de la totalisation isotopique sont d'augmenter la sensibilité des examens de surveillance ultérieure, de détruire d 'éventuels micros foyers néoplasiques résiduels et de détruire et dépister d'éventuelles localisations à distance. L'intérêt de cette totalisation isotopique se discute dans les formes de bon pronostic (patient < 40 ans, tumeur < 15 cm, non invasive, bien différenciée). Pour ce qui concerne le traitement des tumeurs résiduelles, récidives ou métastases, il faut savoir que l'irathérapie sera potentiellement curative sur les lésions microscopiques et le plus souvent palliative sur les lésions macroscopiques. Dans ce cas, il faudra savoir associer les autres modalités thérapeutiques que sont la chirurgie, si possible radioguidée, la radiothérapie externe, la cimentoplastie, l'embolisation, la neurochirurgie ou la chirurgie orthopédique. Ces décisions doivent être prises de manière multidisciplinaire. Certaines localisations thyroïdiennes ne captent pas l'iode. Elles seront suspectées devant une élévation de la thyroglobuline alors que la scintigraphie réalisée après dose thérapeutique d'iode 131 reste négative. Elles seront détectées par imagerie conventionnelle et, dans certains cas, par d'autres scintigraphies : MDP Tc, Octreoscan, MIBI ou TEP FDG. Une tentative de réinduction de la captation de l'iode pourra être tentée par acide rétinoïque ; elle peut être efficace dans 5 % à 20 % des cas selon les études. Ces formes non fixantes sont dans la majorité des cas de mauvais pronostic et certaines relèvent de la chimiothérapie. Les modalités de l'irathérapie sont relativement standardisées mais les règles de radioprotection restent variables d'un centre à l'autre. Elle est réalisée sous stimulation par la TSH endogène (soit 3 à 6 semaines après la thyroïdectomie ou après sevrage en hormones thyroïdiennes). Des études dosimétriques sont en cours pour savoir si la totalisation isotopique post chirurgicale peut être réalisée de manière aussi efficace sous Thyrogen. L'administration se fait le plus souvent par gélule. Une dose empirique est habituellement choisie, le plus souvent 3 700 MBq (37 MBq/kg chez l 'enfant). Elle nécessite un isolement de deux à six jours en chambre protégée. Hydratation, laxatifs et jus de citron ou « chewin gum » sont conseillés de même que les précautions à prendre lors du retour à domicile, surtout vis-à-vis des femmes enceintes et des enfants. Une notice écrite et explicitée lors de la consultation initiale est le plus souvent appréciée par les patients. Une scintigraphie post-thérapeutique doit être réalisée car c'est la technique d'imagerie la plus sensible pour détecter d'éventuelles localisations résiduelles cervicales ganglionnaires ou métastatiques. Les effets secondaires de l'irathérapie sont limités et peuvent être prévenus : radiolyse inflammatoire douloureuse en cas de reliquats importants, dyspnée en cas de paralysie récurrentielle post-opératoire, inflammation des glandes salivaires. Les risques sur la fertilité ultérieure sont quasi inexistants à condition de respecter un délai d'un an entre une irathérapie et une grossesse. Les risques de second cancer et de leucémies sont faibles mais semblent être dose-dépendants y compris après une seule irathérapie. |
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© JLE 2003 |
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