| Immunologie et cancer - OPTIMISATION DES PROTOCOLES D’IMMUNOTHÉRAPIE | ||
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| Protocole clinique efficace pour neutraliser les lymphocytes T régulateurs chez le patient cancéreux | |
| F. GHIRINGHELLI1,2, P.-E. PUIG1, F. MARTIN1, E. SOLARY1, L. ZITVOGEL3, B. CHAUFFERT1,2 |
1. INSERM U-517, Faculty of Medicine, Dijon, France. 2. Centre de Lutte Contre
le Cancer, Dijon, France. 3. ERM-0208 INSERM, Department of Clinical
Biology, Institut Gustave-Roussy, Villejuif, France.
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Les lymphocytes T régulateurs sont une population de lymphocytes T exprimant les molécules CD4 et CD25 ainsi que le facteur de transcription Foxp3. Ces cellules représentent 5 % à 10 % des cellules CD4 chez les rongeurs et 2 % à 4 % chez l’homme. Les lymphocytes T régulateurs ont la capacité d’inhiber les lymphocytes T CD4 et CD8, lymphocytes NK et lymphocytes B ainsi que la maturation des cellules dendritiques et sont impliqués dans de nombreux contextes physiopathologiques, notamment dans la prévention des maladies auto-immunes et dans la tolérance induites par les tumeurs. Chez l’homme, une augmentation du nombre de lymphocytes T régulateurs chez les patients porteurs de cancers semble aggraver le pronostic de ces patients [1]. Nous avons précédemment montré que de faibles doses de cyclophosphamide pouvaient diminuer le nombre et la fonction des lymphocytes T régulateurs chez l’animal, facilitant ainsi l’effet de vaccins antitumoraux [2]. La prise répétitive de cyclophosphamide à petite dose, dénommée “régime métronomique”, a été utilisée chez des patients porteurs de cancers avancés chimiorésistants dans le but d’agir sur la néo-angiogenèse [3]. Nous avons recherché si ce traitement pouvait avoir un effet sur les lymphocytes T régulateurs. Résultats Le cyclophosphamide à dose métronomique induit une diminution du nombre de lymphocytes T régulateurs (7,7 ± 0,8 % avant traitement versus 3,3 ± 0,8 % après, p < 0,005) ainsi que du pourcentage dans le sang des patients après un mois de traitement (25,2 ± 7,5 cellules/mm3 avant traitement versus 6,1 ± 3,3 cellules/mm3 après, p < 0,0006). Cette diminution est associée à une inhibition de leurs fonctions suppressives sur les lymphocytes T conventionnels et les NK après un mois de traitement. Ainsi, les lymphocytes T recouvrent des capacités de prolifération et les NK des capacités cytotoxiques identiques à celles de témoins indemnes de cancers. Conclusion Ce traitement décrit pour la première fois un traitement capable de dépléter les lymphocytes T régulateurs chez des patients porteurs de cancers et de restaurer les fonctions des cellules effectrices. Le cyclophosphamide à dose métronomique pourrait avoir un rôle sur l’évolution tumorale, non seulement en agissant sur l’angiogenèse mais aussi en agissant sur les lymphocytes T régulateurs. Ce traitement pourrait servir de conditionnement avant vaccination antitumorale chez les patients porteurs de cancers métastatiques. |
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1. Curiel TJ, Coukos G, Zou L, et al. Specific recruitment of regulatory T cells in ovarian carcinoma fosters immune privilege and predicts reduced survival. Nat Med 2004 ; 10 : 942-9. 2. Ghiringhelli F, Larmonier N, Schmitt E, et al. CD4+CD25+ regulatory T cells suppress tumor immunity but are sensitive to cyclophosphamide which allows immunotherapy of established tumors to be curative. Eur J Immunol 2004 ; 34 : 336-44. 3. Gasparini G. Metronomic scheduling: the future of chemotherapy? Lancet Oncol 2001 ; 2 : 733-40. |
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© JLE 2006 |
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